Position officielle des autorités en France sur cigarette électronique et vapotage : risques avérés, réduction des...
Position des autorités françaises sur la cigarette électronique
Introduction
Les autorités sanitaires françaises adoptent une position prudente et nuancée sur la cigarette électronique : elle n’est pas considérée comme anodine, mais elle est reconnue comme nettement moins nocive que le tabac fumé et comme un outil possible de réduction des risques pour les fumeurs (Santé publique France; Haute Autorité de Santé; Institut national du cancer).
Cette position repose sur l’état actuel des connaissances scientifiques disponibles et sur des publications institutionnelles officielles.
Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)
Qui est l'Anses ?
L’ ANSES est un établissement public administratif français, placé sous la tutelle de plusieurs ministères (Santé, Agriculture, Transition écologique, Travail, Consommation).
Sa mission principale est de protéger la santé humaine, animale et végétale en évaluant les risques liés :
- l’alimentation,
- la sécurité alimentaire
- l’environnement,
- aux milieux de travail.
Que dit l'Anses ?
L'Anses a, fin 2025, rendu un rapport scientifique de référence consacré à l’évaluation des risques sanitaires liés au vapotage.
Ce rapport de l'Anses constitue aujourd'hui la référence scientifique majeure en France. Il vise à éclairer les consommateurs, les professionnels de santé et les décideurs publics sur la balance bénéfice/risque de la cigarette électronique face au tabagisme. Et fournir une évaluation des risques liés aux produits du vapotage.
Nous proposons sur notre blog une synthèse détaillée du rapport Anses 2025, ainsi qu'un résumé concis, moins technique.
Santé publique France (SpF)
Qui est Santé publique France ?
Santé publique France est l’ agence nationale de santé publique. Placée sous la tutelle du ministère chargé de la Santé, elle a pour missions principales :
- la surveillance de l’état de santé de la population,
- la prévention des maladies et des addictions,
- l’ information du public et des décideurs publics.
Elle produit des données épidémiologiques de référence (baromètres santé publique France, enquêtes nationales) utilisées par l’État et les chercheurs.
Quelques affirmations clés
- La fumée de cigarette contient un très grand nombre de substances toxiques et cancérogènes, en quantités élevées (Santé publique France).
- Les aérosols de cigarette électronique contiennent beaucoup moins de substances toxiques et à des niveaux nettement inférieurs à ceux constatés dans la fumée de tabac (Santé publique France).
- Pour un fumeur, passer complètement à la cigarette électronique réduit fortement les risques pour la santé par rapport au maintien du tabagisme (Santé publique France).
- La cigarette électronique n’est pas recommandée chez les non-fumeurs, en particulier chez les jeunes (Santé publique France).
Sources
- Santé publique France – https://www.santepubliquefrance.fr/
- Dossiers institutionnels « Tabac » et « Cigarette électronique »;
- Santé publique France – Baromètre tabac (éditions successives), consultations 2024–2025.
Haute Autorité de Santé (HAS)
Qui est la Haute Autorité de Santé ?
La Haute Autorité de Santé est une autorité publique indépendante. Elle a pour rôle :
- d’ évaluer scientifiquement les produits, actes et stratégies de santé,
- d’ élaborer des recommandations à destination des professionnels de santé,
- d’améliorer la qualité et l’efficience du système de soins.
Ses recommandations servent de référence nationale en matière de pratiques médicales.
Quelques affirmations clés
- La HAS reconnaît la cigarette électronique comme une aide possible au sevrage tabagique, notamment chez les fumeurs pour lesquels les traitements nicotiniques classiques ont échoué (HAS).
- La vape s’inscrit dans une logique de réduction des risques, et non comme un produit de consommation sans conséquence (HAS).
- L’objectif final reste l’arrêt complet du tabac, puis idéalement l’arrêt de toute consommation de nicotine (HAS).
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS) – https://www.has-sante.fr/
- Recommandations relatives à l’arrêt du tabac et à la réduction des risques. Consultations : 2024–2025.

Direction générale de la santé (DGS) / Ministère chargé de la Santé
Quel est le rôle de la DGS ?
La Direction générale de la santé est une direction de l’administration centrale de l’État, rattachée au ministère chargé de la Santé. Elle est responsable :
- de la politique de santé publique,
- de la prévention et de la protection sanitaire,
- de l’ élaboration et de l’application des réglementations sanitaires.
Elle pilote notamment l’encadrement légal des produits du vapotage.
Quelques affirmations clés
- Les pouvoirs publics français considèrent que la cigarette électronique est préférable au tabac fumé du point de vue sanitaire (Ministère de la Santé / DGS).
- La vape doit faire l’objet d’un encadrement réglementaire strict, notamment en matière de composition, de publicité et de protection des mineurs (Ministère de la Santé / Code de la santé publique).
- La cigarette électronique ne doit pas être banalisée comme un produit de loisir (DGS).
Sources
- Ministère chargé de la Santé / Direction générale de la santé (DGS) – https://sante.gouv.fr/
- Informations institutionnelles et cadre réglementaire du vapotage. Consultations : 2024–2025.
- Code de la santé publique – Encadrement des produits du vapotage (via Légifrance), consultations 2024–2025.
Institut national du cancer (INCa)
Qu’est-ce que l’INCa ?
L’Institut national du cancer est l’ agence nationale de référence en matière de lutte contre les cancers. Il a pour missions :
- la coordination de la recherche sur le cancer,
- l’ information du public,
- la prévention et la réduction des facteurs de risque, en particulier le tabagisme.
Ses publications font autorité sur les liens entre tabac, substances cancérogènes et cancers.
Quelques affirmations clés
- Le tabac est une cause majeure de cancers évitables en France (INCa).
- La fumée de cigarette contient plus de 70 substances cancérogènes avérées (INCa).
- Les aérosols de cigarette électronique exposent à beaucoup moins de substances cancérogènes que la fumée de tabac, à des niveaux très inférieurs (INCa).
- La cigarette électronique peut constituer une alternative de réduction des risques pour les fumeurs, mais elle n’est pas recommandée chez les personnes n’ayant jamais fumé (INCa).
Sources
- Institut national du cancer (INCa) – https://www.cancer.fr/
- Informations institutionnelles relatives au tabac et à la prévention des cancers. Consultations : 2024–2025.
Académie nationale de médecine
Qu’est-ce que l’Académie nationale de médecine ?
L’Académie nationale de médecine est une institution scientifique indépendante créée pour conseiller les pouvoirs publics sur les questions de santé. Elle réunit des médecins, chercheurs et experts reconnus.
Ses avis et communiqués n’ont pas de valeur réglementaire, mais constituent des références scientifiques influentes dans le débat public.
Quelques affirmations clés
- L’Académie nationale de médecine considère que la cigarette électronique est beaucoup moins dangereuse que le tabac fumé.
- Elle estime qu’il est préférable pour un fumeur de vapoter plutôt que de continuer à fumer.
- Elle met en garde contre l’usage de la vape chez les non-fumeurs et les jeunes.
Sources
- Académie nationale de médecine – https://www.academie-medecine.fr/ . Communiqués et avis relatifs à la cigarette électronique et à la réduction des risques. Communiqués 2019–2023 | Consultation : 2024–2025.
Gouvernement français et article 23 du PLF 2026

Contexte : qu’est-ce que le PLF et l’article 23 ?
Le Projet de loi de finances (PLF) est le texte par lequel le Gouvernement définit chaque année le budget de l’État. Il peut contenir, outre des dispositions budgétaires, des mesures fiscales et réglementaires ayant un impact indirect sur des politiques de santé publique.
? L’ article 23 du PLF 2026, tel que présenté lors des documents budgétaires et débats préparatoires, concerne les produits du vapotage sous l’angle fiscal et réglementaire.
Ce qui était prévu dans l’article 23 du PLF 2026 concernant la cigarette électronique
Dans la version initiale du PLF 2026 déposée par le gouvernement, un article spécifique — l’article 23 — visait directement la filière du vapotage. Ce texte comportait plusieurs mesures ciblant les produits et acteurs de la vape :
? a) Taxation des e-liquides
Dans son texte originel, le projet prévoyait l’instauration d’une taxe spécifique sur les e-liquides, proportionnelle au taux de nicotine contenu dans les flacons. Cette taxation était calculée au millilitre :
- ≈ 0,03 € par ml pour les liquides faiblement nicotinés (< 15 mg/ml),
- ≈ 0,05 € par ml pour ceux à forte concentration en nicotine.
- → Cette mesure visait à inclure les e-liquides dans un régime fiscal analogue à celui des produits du tabac, entraînant un renchérissement des prix pour les consommateurs et une pression économique sur les acteurs du secteur.
? b) Agrément obligatoire pour les boutiques spécialisées
L’article 23 contenait une obligation d’agrément administratif pour les commerces spécialisés dans la vente de produits de vapotage (vape shops). Ceci aurait placé ces boutiques sous un régime plus strict de contrôle et de réglementation.
? c) Interdiction de la vente en ligne
Le texte prévoyait l’interdiction pure et simple de la vente en ligne des produits de vapotage — ce qui aurait radicalement modifié la distribution des e-liquides et matériels en France et impacté un canal majeur du commerce.
Position du Gouvernement : logique budgétaire vs logique sanitaire
Il est important de distinguer deux niveaux d’intervention de l’État :
- Les autorités sanitaires (SpF, HAS, INCa) s’expriment sur la base de données scientifiques et de critères de santé publique et sécurité.
- Le Gouvernement, via le PLF, agit dans une logique budgétaire, fiscale et réglementaire, intégrant des considérations économiques, sociales et politiques.
Ces dispositions relèvent d’un choix politique et budgétaire, concernant le vapotage en France, et non d’une évaluation scientifique des risques sanitaires comparés entre tabac et cigarette électronique.
? L’article 23 du PLF 2026 ne remet pas en cause, en tant que tel, les constats sanitaires établis par les autorités françaises sur la réduction des risques liée à la cigarette électronique.
Ce que l’article 23 ne dit pas
- Il ne qualifie pas la cigarette électronique de produit aussi dangereux que le tabac.
- Il ne repose pas sur une nouvelle expertise sanitaire démontrant une dangerosité équivalente.
- Il ne modifie pas les recommandations officielles émises par Santé publique France ou la Haute Autorité de Santé.
? L'article 23 du PLF a finalement été retiré par le gouvernement dans la version finale proposée dans le cadre du 49.3 arrêté en janvier 2026.
Sources institutionnelles
- Gouvernement français – Projet de loi de finances pour 2026, documents budgétaires et exposé des motifs, via le site officiel https://www.budget.gouv.fr/
- Consultations : 2025–2026.
Interdiction des cigarettes électroniques jetables : position ferme de l’État
Pourquoi les « puffs » sont interdites en France ?
Depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2025-175 du 24 février 2025, les cigarettes électroniques jetables sont interdites en France.
Cette décision constitue l’un des marqueurs les plus clairs de la position des autorités françaises sur le vapotage.
Les arguments avancés par le gouvernement sont :
- forte attractivité auprès des mineurs;
- risque d’initiation à la nicotine;
- impact environnemental élevé (batteries, déchets électroniques).
? Cette interdiction ne vise pas la cigarette électronique dans son ensemble, mais uniquement les dispositifs pré-remplis et non rechargeables.
Sources :
- Loi n° 2025-175 du 24 février 2025 – Légifrance https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051244550
- Vie-publique.fr – Interdiction des cigarettes électroniques jetables : https://www.vie-publique.fr/loi/292058-interdiction-puffs-cigarette-electronique-jetable-loi-du-24-fevrier-2025
Points de consensus constatés entre autorités françaises sur le vapotage
Les autorités françaises s’accordent sur les éléments suivants :
- La cigarette électronique est nettement moins nocive que le tabac (SpF, HAS, INCa, Académie nationale de médecine).
- Elle n’est pas sans risque ou danger potentiel pour les vapoteurs et ne doit pas être considérée comme anodine (HAS, DGS).
- Elle peut aider certains fumeurs à réduire ou arrêter de fumer le tabac (SpF, HAS).
- Elle est déconseillée aux non-fumeurs et aux mineurs (SpF, INCa, DGS).
Ce que les autorités françaises ne disent pas sur la vape et le vapotage
- Les autorités ne considèrent pas la cigarette électronique comme aussi dangereuse que le tabac (SpF, INCa).
- Elles ne la présentent pas comme totalement sûre ou dépourvue de risques (HAS, DGS).
? Le discours officiel repose donc sur une approche de réduction des risques, et non sur une logique de prohibition, interdiction ou de banalisation.
Conclusion
Sur la base des publications institutionnelles disponibles, la position française pourrait être résumée ainsi :
? Pour un fumeur, la cigarette électronique représente une alternative nettement moins nocive que le tabac fumé et peut contribuer à réduire les risques sanitaires. Pour un non-fumeur, son usage n’est pas recommandé.
Cette position vise avant tout à réduire l’impact sanitaire du tabagisme, première cause de mortalité évitable en France.
Note méthodologique – Sources et vérifiabilité
Les affirmations de cet article reposent exclusivement sur des publications institutionnelles françaises officielles. Les sources sont citées par organisme afin de garantir la traçabilité, la vérifiabilité et la pérennité de l’information, conformément à une stratégie anti-liens morts.